Mercedes lâche la Smart et la Moselle

En grandes difficultés financières, le constructeur automobile allemand cherche un repreneur pour son usine située à Hambach (Moselle), qui emploie près de 1 500 personnes.

(AFP) - La direction du site Smart à Hambach (Moselle) a annoncé vendredi l'intention de Daimler de vendre cette usine, où devait commencer la production de modèles du constructeur allemand à l'automne, a-t-on appris auprès des syndicats. «Ils vendent le site de la Smart et donc ils cherchent un repreneur. C'est énorme. Ils nous abandonnent», a indiqué Jean-Luc Bielitz, représentant CGT sur le site mosellan qui emploie entre 1 400 et 1 500 salariés, confirmant une information parue dans la presse régionale.

«L'entreprise a l'intention d'entamer des discussions sur une vente de son usine française d'automobiles à Hambach», a confirmé Daimler à l'AFP, précisant avoir «mis en marche de nombreuses mesures pour améliorer durablement sa structure de coûts et devenir nettement plus efficiente».

«On ne fabriquera pas de Mercedes sur le site de Hambach»

«Un important levier pour cela est l'adaptation et la réorientation des capacités de notre réseau de production global», ajoute le constructeur allemand. En mars 2019, le groupe automobile Daimler, propriétaire des marques Mercedes-Benz et Smart, avait annoncé la fin de la production de la Smart en France et sa délocalisation en Chine à partir de 2022.

À la place, des Mercedes devaient être fabriquées à partir de l'automne 2020. Pour adapter le site mosellan à cette nouvelle production, Daimler avait annoncé un investissement de 500 millions d'euros. «Concrètement, la Smart termine entre 2022 et 2024 et on ne fabriquera pas de Mercedes sur le site de Hambach», baptisée «Smartville» et berceau historique de la petite voiture depuis 1998, a ajouté M. Bielitz.

«Le groupe nous lâche»

Les salariés avaient approuvé lors d'un référendum consultatif en 2015 le «Pacte 2020», qui prévoyait le retour à 39 heures de travail hebdomadaire, payées 37, avec un rétablissement des 35 heures en 2020. «On s'est battus comme des diables pendant cinq ans, on a fait des sacrifices pour avoir des projets, on a eu des projets et maintenant on nous dégage», a dénoncé Mario Mutzette, délégué CFE-CGC. «En matière de tissu social, ça va être une catastrophe», a-t-il redouté.

«Tout ce qu'on nous promettait, les promesses d'embauches, la reprise d'activité, la pérennité du site... On peut faire tous les efforts qu'on veut... Le groupe nous lâche après avoir tiré le maximum des salariés», a réagi M. Bielitz. Selon la CFE-CGC, un comité social et économique (CSE) extraordinaire est prévu mercredi sur le site.