Match de foot algérien au cœur de paris suspects à Metz, l’instruction perturbée

Le parquet de Nancy a annoncé jeudi la suspension temporaire des investigations portant sur des paris suspects lors d’un match de football de D1 algérienne à la suite de “violations répétées du secret de l’instruction”.

(AFP) - “Au vu des violations répétées du secret de l’instruction qui ne permettaient plus de poursuivre les investigations en cours dans des conditions normales, le juge d’instruction a demandé, en milieu de semaine, à la police judiciaire de mettre fin aux investigations menées sur commission rogatoire”, a indiqué le parquet de la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy. “L’enquête a été interrompue, ce qui n’est pas banal, c’est même assez exceptionnel”, a pointé le vice-procureur de la JIRS, Vincent Légaut.

A ce stade, le parquet ne s’est pas exprimé sur d’éventuelles poursuites pour violation du secret de l’instruction. Selon une source proche de l’enquête, une quinzaine de personnes devaient être placées en garde à vue en début de semaine dans cette affaire.

Il s’agit de salariés de la société Winamax, soupçonnés d’avoir parié sur ce match auprès d’autres opérateurs de paris en ligne alors que des mises anormalement élevées avaient déjà été relevées à propos de cette rencontre, complète cette source.

Mises trop importantes

En mai dernier, deux hommes avaient été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire dans ce dossier. Le 12 mai 2018, lors d’un match entre le DRB Tadjenanet et l’ES Sétif, l’un des plus grands clubs d’Algérie, un opérateur avait signalé de nombreux paris passés sur le score exact, avec des mises importantes par rapport aux sommes habituelles. La rencontre s’était soldée par une victoire 3-2 du DRB Tadjenanet. Trois des cinq buts avaient été inscrits sur penalty.

Ces “paris atypiques”, dont un certain nombre passés dans la région de Metz, avaient aussi été repérés par le système de surveillance de l’Autorité de régulation des jeux en lignes.

La suspension des investigations dans ce dossier intervient alors qu’un rapport parlementaire vient de préconiser l’assouplissement des règles encadrant la communication des procureurs et des enquêteurs, afin de trouver un meilleur équilibre entre droit à l’information et secret de l’instruction. Ses auteurs proposent d’inscrire dans le code de procédure pénale la reconnaissance du droit à l’information comme un “impératif prépondérant d’intérêt public”, limité à un usage “strictement nécessaire et proportionné”.