Luxembourg : les transports publics sont désormais gratuits pour les usagers

Les transports publics luxembourgeois seront totalement gratuits à compter du 1er mars, une première mondiale à l'échelle d'un pays.

(AFP) - Fini les abonnements et autres tickets: le Luxembourg passe samedi aux transports publics gratuits, une première mondiale pour tout un pays. «L'introduction de la gratuité des transports publics est une mesure sociale importante», souligne le ministre luxembourgeois de la mobilité, l'écologiste François Bausch.

Quelque 40% des ménages sont concernés par cette mesure dont l'impact est estimé à environ 100 euros d'économie par foyer et par an. «Il s'agit de la cerise sur le gâteau dans le cadre de notre stratégie globale visant une révolution multimodale», poursuit François Bausch.

Pour parvenir à cette «révolution», le Grand-Duché compte investir massivement dans des projets destinés à améliorer les infrastructures de transport. Pour le train, 3,2 milliards d'euros sont prévus pour accroître les capacités du réseau ferroviaire jusqu'en 2027, après 2,8 milliards d'euros entre 2008 et 2019.

Le gouvernement prévoit aussi de doubler le nombre de places dans les parking relais, d'adapter les lignes de bus, de fournir des informations en temps réel aux voyageurs, de doubler le nombre de points de recharge pour les véhicules électriques, d'améliorer les pistes cyclables, d'étendre le réseau de tramway et d'utiliser une troisième voie sur les autoroutes, dédiée au covoiturage.

Ce plan ne fait pas pour autant l'unanimité dans un pays où la voiture demeure le moyen de transport le plus utilisé. Quelque 47% des déplacements professionnels sont effectués en voiture au Luxembourg. Le bus n'est utilisé que pour 32% des déplacements pour se rendre au travail, devant le train (19%). A titre de comparaison, à Paris, près de 70% des travailleurs empruntent les transports publics.

Améliorer l'offre

«On a investi durant des années dans la construction de routes. Le gouvernement fait des efforts, mais on a un énorme retard en ce qui concerne le développement des transports en commun», explique Blanche Weber, présidente du Mouvement écologique luxembourgeois, une association environnementale. Pour cette responsable, «l'amélioration de l'offre» est plus importante que la gratuité.

Les embouteillages sont fréquents dans ce petit pays prospère de 610'000 habitants où les projets d'infrastructures - comme la construction d'un tramway - génèrent des chantiers aux quatre coins du pays et en particulier dans la capitale, Luxembourg-Ville.

Quelque 200'000 transfrontaliers rejoignent en outre quotidiennement le Luxembourg pour y travailler, dont 100'000 en provenance du Grand-Est. Tout comme la population résidente, ils utilisent majoritairement la voiture pour se rendre au travail.

Les frontaliers représentent près d'un salarié sur deux dans un pays où le taux de chômage est de l'ordre de 5% et le salaire minimum le plus élevé de l'Union européenne, à 2142 euros bruts pour un travailleur non qualifié et même 2570 euros bruts pour un qualifié.

Les distributeurs de billets vont progressivement être retirés mais dans les gares, des points de vente destinés aux tickets internationaux --qui tiendront compte de la gratuité dans le Grand-Duché-- et de première classe vont rester en place. Seule exception, le train restera payant en première classe de même que certains services de bus à la demande organisés en service nocturne par les municipalités.