L'impossible A 31 entre Metz et Luxembourg

Les derniers chiffres de la sécurité routère en Moselle viennent de tomber et rappellent le danger que constitue l'autoroute A 31.

Du 1er janvier au 31 juillet, 437 accidents ont été recensés sur le sillon mosellan reliant Metz à la frontière du Grand-Duché. En cumul, 403 accidents avec dégâts matériels et 34 avec dégâts corporels sont ainsi à déplorer sur  l'A31 - de la frontière luxembourgeoise à Lesménils -, l'A30 - de Richemont à Aumetz - et la RN431 - rocade de Metz, de Borny à Fey. Soit près d'une soixantaine de constats chaque jour.

L'accidentologie dans ce secteur connaît une augmentation spectaculaire de 36% par rapport à l'ensemble de l'année 2014 (319), et de 10% comparé aux douze mois de 2018 (394).

Dans le même laps de temps de cinq ans, le trafic de plus en plus dense sur ces axes a, lui, connu une progression de 12% sur l'A31, avec actuellement 108.000 véhicules par jour, et de 19,5% sur l'A30, soit 37.700 véhicules quotidiennement.

Déjà sept décès en 2019

«Il n'existe pas de lien de corrélation unique entre le nombre d'accidents et la hausse du trafic», confirme le major Daniel Sinig, de la CRS autoroutière de Moulins-lès-Metz. «Je pointerai aussi des problèmes de comportement parmi lesquels l'usage du téléphone au volant ou la consommation de stupéfiants. Mais aussi ce phénomène, difficile à appréhender, qu'est l'endormissement au volant.» 

L'amélioration des infrastructures autoroutières n'exerce pas non plus une influence tangible sur la baisse du nombre d'accidents. «De manière générale, on peut dire que l'A30 et l'A31 sont bien entretenues», note pourtant le major Sinig. «La chaussée a été complètement refaite à plusieurs endroits, la bande d'arrêt d'urgence a été élargie, de nombreux dispositifs ont été installés. Mais on n'a aucune prise sur certains comportements inadaptés.»

A eux seuls, les poids lourds représentent de 16 à 18% du trafic sur cet axe Nord-Sud. «Je peux affirmer que leur taux d'implication dans les accidents n'est pas en hausse. Je précise d'ailleurs qu'ils sont de mieux en mieux entretenus et prennent la route dans un meilleur état que par le passé», avance le sous-officier.

Sur le sillon Metz-Thionville, le triste total de sept décès, dont deux pour le seul mois de juillet, est déjà atteint depuis le début de l'année.

«La hausse n'est pas du tout linéaire suivant les années», commente le major Sinig. «Il y a même eu une diminution lorsque, de sept accidents mortels en 2015, on est passé à cinq en 2016, puis quatre en 2017, avant de grimper à nouveau à cinq en 2018. Et donc déjà sept en seulement sept mois pour 2019.»

Certains tronçons se révèlent plus particulièrement accidentogènes. La gendarmerie autoroutière relève à ce propos que «la traversée de Thionville constitue un point noir. La circulation s'y fait souvent en accordéon, et comme les usagers ne respectent pas toujours les distances de sécurité, cela peut provoquer des accidents. Même s'il s'agit, le plus souvent, de simples dégâts matériels. Je ciblerai aussi la partie d'A31 passant devant la zone commerciale GreenCenter à Terville.»