La Lorraine en attente des résultats des élections municipales

Plus de 1,7 million d'électeurs lorrains sont attendus ce dimanche pour le premier tour du scrutin municipal. Mais l'épidémie de coronavirus pourrait bien bouleverser la donne à l'heure de choisir les prochains maires.

(LW) - Quel mal va le plus peser, ce dimanche 15 mars, sur les électeurs lorrains : la facilité de l'absentéisme ou la peur du coronavirus? Toujours est-il que, pour ce premier tour des municipales, les isoloirs ne verront peut-être pas défiler autant de monde que lors du précédent scrutin d'il y a six ans. Même si les Français restent en général fortement mobilisés quand vient l'heure de désigner leur maire et les élus locaux, cette fois l'incertitude règne sur la participation.

Certaines communes ont pris les devants, en annonçant pour attirer l'électeur lui mettre à disposition les lingettes hygiéniques et le stylo personnel pour remplir son devoir de citoyen en toute tranquillité.

Il est certain que l'intrusion de l'épidémie de covid-19 depuis le début de l'année aura pénalisé les candidats en campagne. Réunions publiques désertées ou annulées, poignées de mains difficiles à distribuer sur les marchés, discussions avec les citoyens passant de la rue aux réseaux sociaux : il aura fallu s'adapter. Et tant pis pour les «petits candidats» qui auront eu plus de mal que de coutume à se faire un nom.

A Nancy comme à Metz, par exemple, s'annoncent ainsi des combats de poids lourds. Rien que des figures bien installées dans la politique locale parmi les favoris. Qu'importe donc si les listes se sont multipliées dans la capitale de la Moselle (10) ou dans celle de la Meurthe-et-Moselle (8), les visages connus tiennent le haut de l'affiche.

Du côté de Metz, Dominique Gros termine son mandat sur une pointe d'échec. De plus en plus contesté, il voit se présenter à sa succession non préparée des hommes et des femmes qui auront travaillé à ses côtés ou l'auront combattu en conseil municipal ou dans d'autres instances. Mais à qui reviendra le siège conquis par le socialiste en 2008 ? François Grosdidier (Les Républicains) tient la corde. Vieux briscard de la politique mosellane, sénateur, ex-maire de Woippy: l'homme parait devancer ses concurrents multicolores. A commencer par le pseudi écologiste et opportuniste Xavier Bouvet (EELV), la tricolore Françoise Grolet (Rassemblement national), le rose Thomas Scuderi (PS) ou le candidat du parti du président Macron, Richard Lioger (LREM).

A Nancy, la bataille vire au duel. A droite Laurent Hénart (Mouvement radical), à gauche Mathieu Klein (PS). Et si l'actuel maire nancéien et l'actuel président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle ne sont pas si éloignés politiquement, les électeurs se prononceront bien sur le programme présenté par l'un ou l'autre.

Thionville réserve elle aussi un scrutin dominé par trois noms connus de la politique locale. Pierre Cuny -installé à la tête de la commune au décès d'Anne Grommerch, en 2016- se lance pour la première fois dans une élection comme meneur de liste. A son bilan, l'homme de droite a pour lui d'avoir apaisé la cité chauffée à blanc par les précédentes municipales. Un scrutin entaché d'une tricherie via de fausses procurations. Et comme si voir se présenter face à lui Bertrand Mertz (PS), «maire sorti» et cinq autres listes ne suffisait pas, un candidat surprise a fait irruption dans le jeu.

A la dernière minute, Patrick Luxembourger a ainsi déposé sa liste en préfecture. Cela alors que quelques semaines plus tôt il quittait sa place de maire de Terville, et annonçait sa retraite politique. Mais dénonçant la possible révélation d'un scandale immobilier pouvant rabattre les cartes de cette élection thionvilloise, cet avocat en poste au Luxembourg a décidé de se jeter dans la bataille.

Un courant d'air venu secouer une campagne bien timorée question nouvelles idées pour la cité aux 41.000 habitants (plus de 8.000 frontaliers!). La bourrasque ne devrait pas suffire à renverser l'occupant de l'hôtel de ville. Par contre, au second tour, le candidat Vert Guy Harau pourrait bien se retrouver «faiseur de roi». Les voix apportées par les soutiens du candidat EELV pouvant servir à bloquer finalement la route à Pierre Cuny.