L'échec de Lorraine Airport

Air France quitte le Lorraine Airport. La compagnie aérienne, en pleine restructuration, a confirmé à la direction de l'aéroport de Metz-Nancy qu'elle allait arrêter fin octobre de desservir la Lorraine via sa filiale Hop. Elle opérait deux liaisons régulières vers Lyon et Nice. Cet échec annoncé de l'aéroport lorrain est en bonne partie due à sa gestion catastrophique par Jean-Pierre Masseret, ancien et dernier président de la région Lorraine, et à ses amis.

Air France va donc arrêter ses liaisons régulières vers Lyon et Nice. Ce sera pour fin octobre.  Des liaisons qui représentaient 50 à 60.000 passagers par an, soit 25 à 30% de l'activité de l'aéroport lorrain, exploité par le conseil régional et installé entre Metz et Nancy depuis 1991. Air France le desservait depuis plus de 20 ans, avec parfois des noms différents mais derrière, il s'agissait toujours de la compagnie aérienne française.

Cette perspective vient assombrir sérieusement l'avenir de Lorraine Airport d'autant plus que l'un de ses autres partenaires semble mal en point lui aussi en raison de la crise sanitaire. Ainsi, Air Algérie n'a toujours pas redécollé de Lorraine et pourrait, à terme, retirer ses avions. Cette fois, la perte pourrait concerner près de 56.000 passagers. 

Le directeur général de l'infrastructure, Yves Loubet, a affirmé dernièrement au micro de France Bleu Lorraine travailler «à un plan B». Vendredi une réunion devrait ainsi permettre de savoir si un nouvel opérateur est prêt à s'engager pour décoller depuis l'aéroport de Moselle.

Le dernier président de la Région Lorraine, Jean-Pierre Masseret, est en partie responsable de cet échec. Non pas du fait qu'Air France se retire aujourd'hui, mais de la gestion passée de l'aéroport qui ne lui a jamais permis de décoller. C'était une grave erreur de marketing de changer le nom de l'infrastructure pour lui donner une consonnance anglaise et cela en dépit de la loi sur la protection de la langue française. La directrice nommée par Masseret a mené une gestion cahotique de l'aéroport avec des soubresauts devant le tribunal des prud'hommes. Bref un échec annoncé qui pénalise lourdement l'attractivité de la Lorraine.