Hayange : Liberty prêt à reprendre l'usine de rails

Le tribunal de Strasbourg a confié jeudi au groupe britannique Liberty la reprise de France Rail Industry (FRI) à Hayange (Moselle), le principal fournisseur en rails de la SNCF. Liberty devrait aussi récupérer Ascoval.

Liberty, qui veut aussi intégrer l'aciérie d'Ascoval à Saint-Saulve (Nord), a été préféré aux offres de quatre autres candidats : le géant de l'acier ArcelorMittal, le groupe indien Jindal, le britannique Olympus Steel et le chinois Jingye. L'intersyndicale (CFDT, CFE-CGC et FO), réunie jeudi matin en comité social et économique, s'était prononcée en faveur l'offre de reprise du chinois Jingye , qui promettait d'augmenter sérieusement les capacités de produire du site. 

La faillite, en février dernier, du groupe British Steel a laissé le champ libre au rachat de l'usine mosellane France Rail Industry (FRI). Mais, depuis, l'incertitude planait sur le sort réservé à l'installation nichée au cœur de la vallée de la Fensch, à Hayange. L'Etat français craignant de voir s'échapper le site entre les mains d'investisseurs pouvant, au final, stopper la production unique de rails longue dimension spécialement adaptés aux lignes grande vitesse du TGV.

Si l'investissement est validé, l’aciérie de Saint-Saulve et le laminoir d’Hayange pourraient alors ne former qu'une entité unique de production de rails en France. Sachant que les deux sites sont déjà liés par un contrat pour la fourniture annuelle de 140.000 tonnes, pendant quatre ans, de blooms (barres d’acier) par Ascoval à FRI.

Le groupe sidérurgiste Liberty appartenant à la famille Gupta, qui grossit en Europe depuis quelques années et le rachat d'actifs d'ArcelorMittal, doit encore obtenir l'accord du ministère de l'Economie pour concrétiser la reprise - FRI et ses 450 salariés étant considérés comme un actif « stratégique » par la France. A Bercy, on souhaite depuis des mois une reprise combinée d'Ascoval et de FRI, ce que proposait Liberty mais pas ArcelorMittal. « C'est une bonne nouvelle et une étape importante pour les sites d'Hayange et Ascoval, a indiqué Bercy. Il reste néanmoins quelques éléments importants à régler avec Liberty avant que le ministre puisse formellement autoriser cet investissement. » Contacté, Liberty ne souhaite pas s'exprimer pour le moment.