Festival des migrations de Luxembourg : «Une immense fête de la convivialité»

Le Festival des Migrations fait aujourd'hui partie des événements incontournables du Luxembourg. Lancé par les communautés portugaise, italienne et espagnole au début des années 1980, son horizon n'a cessé de s'élargir.

Au programme: soirée de concerts en préambule le vendredi soir, avant la grande fête du week-end et ses spectacles, l'ouverture officielle ayant lieu en présence des autorités, dont le Premier ministre Xavier Bettel, le samedi à 15 heures. 

Un succès phénoménal, et pourtant

35 ans après ses débuts place Guillaume II, les deux halls et la verrière du parc des expositions de Luxembourg sont prêts à craquer: "Depuis l'édition 2017, on a atteint la capacité d'accueil maximale", explique-t-on au CLAE, organisateur de la manifestation.

Un succès phénoménal, et pourtant: chaque année, il faut se battre pour trouver des financements et continuer l'aventure.

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Demain déjà se dit

Au fil des ans le Festival n’a cessé de s’agrandir et pourtant notre manifestation reste un colosse au pied d’argile. Les engagements associatifs qui y sont racontés, débattus, argumentés, cette année encore sont toujours plus nombreux, inventifs, créateurs de possibles encourageants. Ils sont au plus près de problématiques profondes qui parlent de notre pays, traversent le territoire, disent aussi le monde : les enjeux des nouvelles migrations, les mémoires des migrations, l’accueil et la solidarité avec les demandeurs d’asile, les difficultés du logement, l’esclavage moderne, etc. Les questions abordées sont nombreuses et sous-tendent les actes posés tout au long de l’année. Ils sont le signe annonciateur de nouvelles pratiques sociales et culturelles qui s’échafaudent, se bricolent, s’expérimentent. Elles signent une vitalité de notre société civile que nous aimons cultiver, sans a priori, dans notre fête citoyenne où nous aimons les accueillir pour les discuter, publiquement. Il ne faut pas s’y tromper, avant de célébrer la diversité, les cultures, le mouvement des migrations ancré sur notre sol, c’est l’acte de faire société ensemble que nous soulignons au festival pendant ces trois jours.

Sur les stands aussi, sur la scène, aux rencontres littéraires, exceptionnelles cette année encore, en compagnie des artistes dans l’espace Artsmanif, demain déjà se dit.

Beaucoup nous félicitent de ce grand festival, nous répondons toujours que ce géant est fragile : des aides qui n’arriveraient pas, un décideur dans le malentendu, un vent de mauvais augure et il pose genoux à terre. Mais ce qui est écrit depuis des années, ensemble, ce qui est inventé en collectif, ce qui est présenté, chanté, dansé, raconté au grand public, ce qui fait exemple dans les projets présentés, ce qui relie et noue les pays de départ et celui d’arrivée, ce qui se fait là-bas, se cultive ici, se replante là-bas, ce qui est partagé, sont la promesse de nouveaux possibles. Les bords de mer, au sud, au nord, au nord du sud deviennent des linceuls : ceux et celles qui sont arrivés jusqu’à nous, sont présents au festival et leur présence avec un stand, une exposition, en visiteurs, nous encouragent à de nouveaux projets.  JPR/CLAE

Comité de liaison des associations d’étrangers

Le CLAE, plate-forme associative créée en 1985, milite pour une citoyenneté de résidence, pour la reconnaissance et la valorisation des cultures issues de l’immigration, pour une politique d’immigration ouverte et solidaire au Luxembourg et en Europe. Son action contribue à la définition et à la construction d’une société aux multiples références culturelles pour fonder une nouvelle approche de la citoyenneté.
L’asbl CLAE Services, conventionnée avec le Ministère de la famille et de l’intégration, réalise de multiples actions en faveur de l’inscription dans la société luxembourgeoise des personnes porteuses d’un parcours migratoire. L’asbl CLAE Services est reconnue d’utilité publique depuis le 24 août 2016.