Extrême droite : Soupçons d'emplois fictifs à la région Grand Est

Le président de la région Grand Est a porté plainte pour des présomptions d'emplois fictifs visant trois groupes d'extrême droite au conseil régional.

(AFP) - Le président (LR) de la région Grand Est, Jean Rottner, a déposé plainte pour des présomptions d'emplois fictifs visant trois groupes d'extrême droite au conseil régional, dont le RN et les Patriotes qui rejettent ces accusations, a-t-on été informés jeudi de sources concordantes. La plainte a été déposée mardi auprès du parquet de Strasbourg, siège de la Région Grand Est, et le procureur de la République de cette ville a été saisi, a-t-on appris auprès de la Région, qui n'a pas précisé le nombre d'emplois fictifs présumés.

«Les (présumés) emplois (fictifs) concernés sont répartis sur tout le territoire» du Grand Est, qui comprend les anciennes régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne, a-t-on précisé. Ce sont «des collaborateurs des trois groupes issus du groupe (Front National) élus» lors des élections régionales de décembre 2015, a-t-on ajouté, à savoir le RN, les Patriotes et le Centre national des indépendants et paysans (CNIP). Il reviendra «au parquet d'apprécier» le nombre de ces emplois fictifs supposés, a-t-on indiqué. Selon le quotidien Le Républicain Lorrain, les soupçons porteraient sur quatre collaborateurs.

Marine Le Pen mise en examen

Les accusations ont été portées publiquement jeudi matin par Jean Rottner, lors d'une séance plénière à Metz. «Depuis 20 mois, pas de connections informatiques, de déplacements, pas de jours de congés posés, pas de photocopies, pas de fréquentation du restaurant administratif», a déclaré M. Rottner, selon des propos rapportés par Le Républicain Lorrain sur son site. «Moi, je sais ce que font nos collaborateurs, j'ai tous les mails, toutes les traces, il n'y a aucun souci», a réagi sur France Bleu Lorraine le président du groupe Les Patriotes, Florian Philippot, qui se réserve le droit de porter plainte pour «diffamation».

Dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook, le groupe RN au Conseil régional «conteste formellement que ses collaborateurs puissent avoir occupé ou occupe fictivement un emploi». «Si M. Rottner persiste dans son initiative, une plainte en dénonciation calomnieuse sera déposée contre lui», avertit le communiqué du groupe RN, qui «proteste contre (...) la soudaineté de ces accusations publiques» et dénonce des «pratiques de flicage des collaborateurs totalement illégales». Le RN est déjà soupçonné dans une autre affaire d'emplois présumés fictifs, celui des assistants parlementaires européens. Marine Le Pen, notamment, a été mise en examen dans ce dossier pour «détournements de fonds publics».